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26 août 2010 - Mercialys labellise ses centres les plus vertueux - label V - lire l'article LSA -
Juin 2010
Le diagramme est simple, la démonstration édifiante. Pour vivre durablement, et ne pas manger le capital comme on dit, il faut que ces trois mondes soient pris en considération.
C’est une image sympathique mais elle est trompeuse.
Le libéralisme a un besoin vital d’un déséquilibre dynamique, ou encore appelé croissance. Le concept même du développement durable élaboré en 1987 contenait en germes une mise en cause de ce moteur. C’était une idée subversive. Prise à la lettre, elle pouvait gripper les rouages d’une économie fondée sur un coût de l’énergie très bas, sans réalité économique globale justement.
C’est ici qu’il faut admirer la capacité de récupération de notre système. D’un principe nocif à son fonctionnement, d’un projet vraiment alternatif, il en a fait une théorie acceptable par tous, édulcorée et sans risque.
Nous le voyons tous les jours dans nos expériences en entreprises, PME ou au CAC 40: ce schéma rassure.
Il est pris comme un pansement pour continuer à avancer, une sorte d’homéopathie dans laquelle on ajouterait une dose de social et une petite touche d’environnement pour faire passer les démangeaisons.
Pourquoi est-il faux?
Tout simplement parce qu’il ne restitue pas la vérité.
L’économie n’est pas une sphère à part des deux autres. Elle est l’alpha et l’omega de notre monde moderne. Elle est la base du système. Une représentation plus juste montrerait trois cercles concentriques comme une cible. Ils sont disposés par ordre décroissant d’importance ou plus précisément d’intégration des coûts.

Le premier au centre, c’est celui de l’économique.
Le second, c’est le cercle du social. Il est proche de l’économique, on doit transiger, le social est une ressource qui perd sa valeur mais dont le coût se voit dans le compte d’exploitation.
Le dernier cercle est celui de l’environnement.
Le dernier… mais pourtant c’est lui qui crée les conditions de notre système économique.
Dans cette année 2010 de la biodiversité, nous commençons à peine à pouvoir évaluer le prix de la Nature.
Attention, pas le coût du réchauffement climatique estimé par Nicholas Stern à plus de 5000 milliards d’€ en 2050 si nous restons passifs.
Non, il s’agit des coûts globaux: celui des 100 millions d’années qu’il faut pour fabriquer du pétrole, celui du service rendu par ces millions d’hectares de forêts saccagées en Indonésie ou au Brésil, celui de l’aide vitale apportée par la biodiversité à une humanité qui l’éradique: la pollinisation, l’adaptation immunitaire…
L’environnement est un trésor accumulé par les 4 milliards d’années qui nous ont précédés. Nous prenons dans la caisse en croyant qu’elle est inépuisable donc qu’elle n’a pas de prix.
C’est par son oubli des coûts réels que le diagramme des trois mondes est trompeur. Notre système libéral a su parfaitement évaluer le coût économique, médiocrement le coût social et a oublié le coût environnemental et énergétique.
Une nouvelle équation pour un système durable
Pourtant, pour se perpétuer, ce même système libéral doit se donner les conditions de la durée.
Pour éviter les chocs puissants qui se profilent (le choc écologique, le choc financier et le choc social) il doit créer rapidement une nouvelle métrique de la valeur qui intègre les coûts réels de son fonctionnement.
